Aux temps des Bastides et des Circulades

Partez à la découverte d’un patrimoine original et authentique. Tout au long de ce circuit, Bram, Ribouisse et La Force, ces bastides et circulades se dévoilent pour vous raconter la vie des hommes et l’histoire de la région venue du tréfonds des âges entre vigne et champs de tournesols, plaines et collines. Laissez-vous guider…

Les Bastides

Les bastides ont été fondées dans le sud-ouest de la France entre 1222 et 1373 ; On comptait alors trois à cinq cents villes neuves réparties sur 14 départements. Ces fondations répondent à des besoins d'ordre économique, politique et architectural, correspondant à un essor urbain exceptionnel en Europe à cette époque. On peut citer parmi les plus connues ou caractéristiques les bastides de Monflanquin, Monpazier, Grenade, Mirande ou bien encore Libourne et la ville basse de Carcassonne.

Les villages circulaires :

Ces villages fortifiés sont apparus essentiellement en Languedoc-Roussillon entre le Xème et le XIIIème siècle basés sur une organisation circulaire. L’habitat est disposé en anneaux successifs autour d’un noyau central occupé à l’origine, selon les cas, par un château ou une église. Quel que soit son centre, le village doit avant tout protéger ses habitants. Chaque cercle est alors constitué d’un rempart supplémentaire pour arrêter ou retarder l’agresseur. Ce type d’organisation répond là aussi à un contexte historique, stratégique, économique, technique et symbolique particulier de grande insécurité dû au système féodal.

La majeure partie se trouve dans la plaine, entre le Sud-Ouest de Carcassonne et le nord de Nîmes. 50 communes situées dans les départements de l’Aude, de l’hérault et du Gard portent aujourd’hui le label « circulade ».

Dans l’Aude, on compte :

Alaigne ; Alairac ; Bellegarde du Razès ; Bram, la plus grande d’Europe ; Cailhau ; Cailhavel ; Capendu ; Donazac ; Gruissan ; Issel ; La Digne d’Aval ; La Force ; Lasbordes ; Lasserre-de-Prouilhe ; Loupia ; Mazerolles du Razès ; Montclar ; Pouzols Minervois ; Preixan ; Sallèles d’Aude ; Villeneuve les Montréal.

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Bram, des celtes à nos jours.

Le deuxième siècle avant notre ère voit la construction d’une voie de circulation impériale qui relie la Méditerranée à l’Atlantique : la VIA AQUITANIA (La Voie d’Aquitaine).

A cette époque, le village celte au nom gaulois « Eburomagus » (Le marché de l’If) va connaître un essor sans précédent : l’agglomération est alors un relais étape bien connu par les voyageurs. D’abord pôle de centralisation et de distribution des marchandises, Eburomagus va connaître une deuxième phase de développement. Sous l’impulsion des romains, la ville devient aussi un centre de production grâce à la construction d’ateliers de potiers.

Un essor qui conduit la ville à une expansion démographique importante jusqu’à atteindre 4 000 habitants s’étendant sur 4 hectares : C’est pour l’époque considérable.

La ville va alors atteindre le statut de « vicus » avec à sa tête 3 Magistri Vici qui font construire un théâtre, des termes…

Mais au IIIème siècle, l’agglomération soufre de l’instabilité des temps. La ville amorce alors un déclin dont elle ne se relèvera jamais.

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Ribouisse, Bastide médiévale au pays des moulins à vent

Ribouisse dépendait autrefois directement des seigneurs de Mirepoix. Créé par guide Levis III en 1270, le village connut de nombreux troubles en 1268-1270 dans les environs immédiats de la future bastide réalisée afin d’attirer de nouvelles populations sous le contrôle du seigneur de Mirepoix. Ce lieu qui s’appelait primitivement « Riuboyse » prospéra très vite.

Le village conserve le plan du tracé rectangulaire avec ses rues perpendiculaires de la bastide originelle avec sa grand-rue Nord-Sud médiane et plusieurs ruelles secondaires ou perpendiculaires à la principale. Gui de Lévis III prit les habitants sous sa protection et désigna les consuls parmi les notables.

L'Eglise.

Dédiée à la Sainte-Vierge, elle est un monument simple, de plan rectangulaire avec u clocher-mur à trois pignons ne comprenant qu’une seule cloche. Elle porte les traces de la réfection des XVème et XIXème siècle ; celle-ci est encastrée à l’extrémité du mur sud de la nef. L’édifice est flanqué de deux chapelles : la chapelle de la Vierge et la chapelle de Saint-Roch.
La porte moderne s’ouvre sur un vaste porche fermé. Le mur méridional est orné d’une belle statue en pied de Saint-Christophe portant l’enfant Jésus sur ses épaules. La statue à demi-encastrée dans le mur, date de la fin du XIIIème siècle et a été proposé à l’inventaire supplémentaire des Monuments historiques en 1910. En face, sur la place se trouve une curieuse croix de pierre datant de 1802, dont les bras sont ornés de tête-de-clou en relief.

La bastide ne conserve pas de traces évidentes de fortifications. Le village a subi un siège pendant les guerres de religions en 1588 durant lequel le château seigneurial fut pris d’assaut en janvier 1587 par les troupes du duc de Montmorency au terme duquel 80 hommes de la garnison furent massacrés. La parcelle allongée au nord de l’église semble correspondre à une mare correspondant certainement aux vestiges d’un fossé défensif. Un château moderne entouré d’un parc se trouve en bordure du village ; il occuperait l’emplacement du château seigneurial construit au XVIème siècle.

Les archives du village nous rapportent également que Pierre-Georges Latécoère (1887-1943), initiateur des légendaires lignes aéropostales Toulouse-Buenos aires a épousé en mairie de Ribouisse Mlle Lucienne Granel en 1931.

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Le moulin du Coustou

Le moulin construit sur un tertre herbeux est situé sur un coteau au lieu-dit « Coustou » dans le village de Ribouisse.
Au XIXème siècle, deux moulins à vent, appartenant à la famille Maris, dominaient alors la campagne environnante.
Aujourd’hui, le village ne compte plus qu’un seul moulin qui a été remis en état par les descendants de la longue lignée des Maris (la 5ème génération).
Dans le Lauragais, les moulins à vent ont été construits à partir du XIIIème siècle et jusque dans les premières années du XXème siècle, ils ont décoré les environs du Canal du Midi.
Le Lauragais, territoire situé de part et d’autre du canal du Midi, s’étire des portes de Toulouse, jusqu’au-delà de Castelnaudary. Favorisées par un bon terroir, ses collines et ses plaines balayées par deux vents dominants (l’Autan et le Cers), portent traditionnellement d’importantes cultures de céréales, surtout de blé et de mais.
Il n’en fallait pas davantage pour que les crêtes de ca pays se couvrent, voici plusieurs siècles, d’innombrables moulins à vent moulins à vent dont quelques-uns subsistent encore de nos jours. Malheureusement si certains pourraient parfois fonctionner après une remise en état, la plupart d’entre eux sont en partie délabrés voire totalement en ruines. Le moulin du Coustou est un des rares moulins encore en fonctionnement. Construit aux environs de 1749, ce moulin a fonctionné jusqu’à la veille de la seconde guerre mondiale.

Jean Maris fut le premier meunier, puis ce fut Etienne Maris en 1779, Jean Maris en 1805, Etienne Maris en 1830 et Henri Basile, meunier en 1864 avait 8 frères et sœurs dont Jean et Paul qui furent meuniers également.
La restauration, synonyme de sauvegarde…un travail de longue haleine !
Lorsque la restauration du moulin fut entreprise, il ne restait plus qu’une tour tronconique (le buc) fait de moellons et partiellement enduit, envahis par la végétation.
Le moulin de Ribouisse présentait la particularité de posséder deux paires de meules encore en très bon état, elles aussi enfouies.

Avant de débuter les travaux de restauration, de longues heures de recherches historiques et bibliographiques furent nécessaires afin de conserver au mieux l’intégrité de l’édifice.
Il fallut ensuite dégager le moulin de la végétation qui le recouvrait et envahissait ses alentours.
Les travaux durèrent deux ans environ pendant lesquels tout fut refait de fond en combles (la tour, la lanterne, le grand rouet, la toiture, les ailes, l’arbre moteur, les trémies, les archures, la potence) si bien qu’aujourd’hui, le moulin est désormais un édifice remarquable qui moud encore le grain pour obtenir de la farine comme autrefois grâce à la persévérance de cette famille de meuniers de puis cinq générations.

Le travail porte toujours ses fruits ! Le leur a été particulièrement récompensé puisque M. Massat et Mme Tisseyres ont reçu de la Fondation du Patrimoine le premier prix national de la restauration de moulin en 2009 au concours « Nos moulins ont de l’avenir ».

Outre cette reconnaissance nationale, leur plaisir est aujourd’hui de voir revivre ce patrimoine et de partager leur passion avec le public.

Un patrimoine à découvrir absolument !

Le moulin à vent de Coustou, pour le visiter contacter M. Massat : 04.68.60.51.39.

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LA FORCE, village circulaire médiéval

Le toponyme de la Force, qui n’apparaît qu’à l’époque féodale, est caractéristique de sites fortifiés des XIème et XIIème siècles. Cette terminologie désigne donc une maison forte ou une forteresse.

La première appellation de cette seigneurie « La Force de Raymond Ferran », c’est le nom complet de la localité au moyen-âge, qui nous laisse penser que le site n’est pas antérieur au XIIème siècle et ce nom fut utilisé jusqu’au XVIIIème siècle.

L’agglomération doit certainement son existence et son nom à un personnage dont le nom est explicitement indiqué par l’appellation même du lieu « Raymond Ferran ».
Ce personnage était un chevalier cathare du moyen-âge que l’on rencontre à Fanjeaux entre 1189 et 1206, compagnon de Gaillard de Fanjeaux acquis au catharisme à la fin du XIIème siècle ; il faisait partie des hérétiques notoires des lieux au début du XIIème siècle. Le site de La Force apparaît alors comme dépendance de la châtellenie de Fanjeaux. A partir de 1240, La Force possède déjà sa propre identité en tant que communauté puisque elle possédait un consulat.

L’expansion du site transparaît à travers la construction d’une chapelle en 1275, dépendant de l’église de Fanjeaux mais le village acquit par la suite son autonomie paroissiale.

La Force est un village circulaire castral où les habitations se sont organisées autour d’un château en trois cercles concentriques réguliers. La partie centrale, actuellement occupée par une place et un ancien pressoir, était l’emplacement d’un château qui constituait le noyau originel du site, détruit au XVIIIème siècle ; le premier cercle mesurait 45m. de diamètre. Il est probable qu’un fossé entourait les fortifications.
Le deuxième cercle d’un diamètre de 75m. se situait à l’emplacement de l’enceinte villageoise doublée d’un fossé. L’accès se faisait par une tour porte dont l’emplacement est toujours visible à l’entrée du noyau villageois actuel. Ce second cercle contenait le four banal ou communal*, une place couverte ainsi qu’une maison presbytérale
Au-delà des fossés bordés d’un chemin, se situait la troisième couronne d’habitations comprenant l’église paroissiale, construite donc à l’extérieur du village fortifié.

A côté, se trouvent les ruines d’une chapelle démolie, probablement à la fin du XIXème siècle.

La fontaine qui borde la route départementale existait déjà au XIXème siècle. On prêtait à celle-ci des vertus thérapeutiques.

*Les fours communaux étaient nombreux au Moyen-âge afin d’éviter les incendies dans les villages. On construisait donc un four communal qui permettait à tous les habitants de faire cuire leur pain.

La fontaine qui borde la route départementale existait déjà au XIXème siècle. On prêtait à celle-ci des vertus thérapeutiques.

*Les fours communaux étaient nombreux au Moyen-âge afin d’éviter les incendies dans les villages. On construisait donc un four communal qui permettait à tous les habitants de faire cuire leur pain.

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